Fondation des États-Unis | Du 26 novembre au 23 avril : Rencontres – Pourquoi lisons-nous #3
25253
single,single-post,postid-25253,single-format-standard,ajax_fade,page_not_loaded,,wpb-js-composer js-comp-ver-4.5.3,vc_responsive
Lire-les-états-unis_WEB_1920x1080.jpg (1)

Du 26 novembre au 23 avril : Rencontres – Pourquoi lisons-nous #3

Pourquoi lisons-nous est une enquête sur la lecture comme expérience. Cette enquête est menée à travers le recueil de témoignages de lecteur·trice·s divers.es ainsi qu’un cycle de forums animés par des universitaires, écrivain.e.s et d’artistes sur nos manières de lire et façons d’être. À l’instar du « texte ouvert » tel que le définit Lyn Hejinian, ici, la hiérarchie traditionnelle entre l’auteur et ses lecteurs·trice·s se dissout et se rééquilibre. Chaque témoin, chaque lecteur·trice, chaque universitaire, artiste et écrivain·e est une co-enquêteur·trice dans cette communauté d’expériences. La FEU est heureuse d’accueillir l’ouverture de cette troisième édition du cycle Pourquoi lisons-nous ! Ce cycle est organisé par Christopher Gellert, ancien résident de la Fondation des Etats-Unis et étudiant de Université Paris Diderot en partenariat avec la Bibliothèque des Grands Moulins – Université Paris Diderot, la radio *DUUU et la FEU.

Entrée gratuite dans la limite des places disponibles. Rejoignez l’évènement Facebook pour recevoir un rappel ! 

Programme

L’ouverture de l’édition aura lieu à la Fondation des Etats-Unis. Toutes les autres séances auront lieu à la Bibliothèque des Grand Moulins de Paris Diderot à 19h sauf précision contraire.

« Lire Les États-Unis », Frédéric Forte
Mardi 26 novembre 2019 à 19h, à la bibliothèque de la Fondation des Etats-Unis
On fantasme toujours le pays qu’on lit en traduction. On sait bien que la traduction d’une langue vers une autre peut donner lieu à des malentendus et à des transformations traîtresses. Mais, quand on lit une littérature étrangère en traduction, cette (mauvaise) lecture ne suscite-t-elle pas aussi des équivoques sur les codes sociaux et culturels du pays, sur son paysage et le caractère de ses habitant.e.s ? Avec Frédéric Forte (poète, membre de l’Oulipo et traducteur occasionnel de poésie américaine) nous allons dialoguer autour des fantasmes qu’il a pu se faire au sujet de la société étatsunienne à travers ses lectures  (et des fantasmes qu’une telle lecture provoque en général). Pour F. Forte la seule possibilité de vraiment comprendre la poésie américaine, c’est de la traduire. Ainsi, nous serons amenés à lire des écrivain.e.s nord-américain.e.s en français et en anglais, tout en discutant des problématiques de la traduction d’une culture étrangère – même quand on la connaît bien. Nous passerons ensuite à un atelier de traduction collective et une discussion ouverte sur les glissements entre la langue française et l’anglais américain et les correspondances entres ces deux mondes littéraires.

« Lire, collecter », Franck Leibovici (poète) & Abigail Lang (maîtresse de conférences en études anglophones à l’Université de Paris et traductrice)
Mardi 28 janvier 2020 de 19h à 21h                                                                                                                                                                                                                              Quelle est la frontière entre le réel et la poésie ? En conversation avec le poète et artiste Franck Leibovici nous nous demanderons comment la poésie peut produire des outils d’enquête pour explorer des masses de données, témoignages ou archives. Nous échangerons sur l’histoire de l’enquête littéraire en France et aux États-Unis et sur les liens entre ces deux traditions, de Charles Reznikoff à Emmanuel Hocquard. Et nous dialoguerons avec Franck Leibovici sur sa méthode, qui tente comprendre cette échelle de la masse (de documents, de données, d’images) au moyen de dispositifs poétiques. Plus particulièrement, nous réfléchirons à la mise en forme poétique de ces données au sein de son œuvre : tinder chatssex-tape amateur, correspondance amoureuse à plusieurs mains… (de l’amour, Jean Boîte éditions, 2019), procès à la Cour Pénale Internationale (bogoro, Questions théoriques, 2016), discours sénatorial (filibuster, Jeu de paume, 2013), sites web militants et militaires (portraits chinois, Al Dante, 2007), rapport d’une commission sur un attentat terroriste (9+11, ubuweb, 2005), présentations powerpoint (quelques storyboards, ubuweb, 2003)… Finalement, nous nous demanderons comment des dispositifs poétiques peuvent constituer une autre forme de savoir qui agisse directement dans des contextes sociaux et au sein des institutions. Avec Julien Seroussi, Franck Leibovici mène maintenant depuis plusieurs années à la Cour pénale internationale un travail pour évaluer comment des outils issus de la poésie, de l’art ou des sciences sociales permettent une autre saisie des éléments de preuve textuels et visuels, venant compléter les outils traditionnels des juristes.

La séance s’achèvera avec une lecture collective.

« Lire l’argent? », Christophe Hanna (poète) & Pierre Zaoui (professeur en philosophie à l’Université de Paris)
Jeudi 27 février 2020 de 19h à 21h 
L’art vaut quoi ? En économie, un marché de l’art (ou des livres) est souvent caractérisé comme une star economy: les tout premiers (en termes de vente) touchent énormément d’argent tandis que la masse énorme des autres vit généralement au-dessous du seuil de pauvreté; ou encore une pokemon economythe winner takes all. D’un point de vue politique, il y a sans doute là de quoi pleurer et vomir, même si pleurer et vomir ne mènent pas loin politiquement. D’un point de vue moral, il n’y a rien à dire et toute nostalgie est interdite: ce n’est pas là un système plus immoral que l’économie de la rente et de l’héritage qui caractérise près de la moitié des nos plus grands artistes et écrivains du XIXème et du début du XXème siècle. Mais d’un point de vue artistique, cela oblige les artistes et les écrivains d’aujourd’hui à transformer, malgré qu’ils en aient souvent, leur atelier ou leur bureau en laboratoires de l’argent. C’est peut-être plus intéressant et en tout cas souvent plus drôle. C’est en tout cas la voie que nous aimerions un peu creuser ensemble.

Marik Froidefond (poète et professeur à l’Université Paris Diderot) et Martin Rueff (poète et professeur à l’université de Genève)
Jeudi 19 mars de 19h à 21h
Rencontre organisée dans le cadre du printemps des poètes autour de La Jonction, aux éditions Nous de Martin Rueff

« L’art d’assaisonner les textes », Sophie Rabau (auteur, maîtresse de conférences à l’Université de Paris) et Laurent Calvié (professeur de français et de langues anciennes à l’Université Aix-Marseille, directeur de la collection « Philologie »)
Jeudi 23 avril 2020 
Que faire quand nous lisons un texte qui nous rebute, nous déplait, nous hérisse ? Cesser de lire ? Fermer le livre ou éteindre l’écran ? Certes, mais on ne le peut pas toujours, au premier chef quand on doit lire ce texte dans le cadre d’un programme scolaire ou universitaire… Laurent Calvié, philologue et éditeur (Anacharsis), et Sophie Rabau, auteur.e de L’Art d’assaissonner les textes,  nous proposeront une méthode mal connue et pourtant fort ancienne pour lire en désaccord : l’interpolation. On peut apporter des textes que l’on n’aime pas…